RACHAT DE PHOTONIS: L’ÉTAT FRANÇAIS REFUSE UNE OFFRE DE L’AMÉRICAIN TELEDYNE – 18 Déc 2020

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DEFENSE L’État invoque la protection de ses activités stratégiques, cette entreprise de Mérignac près de Bordeaux étant spécialisée dans la photodétection, pour les secteurs de l’aéronautique, la recherche et la défense. -RACHAT DE PHOTONIS-
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RACHAT DE PHOTONIS

Défense : veto de la France au rachat de Photonis par Teledyne

DEFENSE L’État invoque la protection de ses activités stratégiques, cette entreprise de Mérignac près de Bordeaux étant spécialisée dans la photodétection, pour les secteurs de l’aéronautique, la recherche et la défense.

Il est invoqué la protection des activités stratégiques de la France. L’Etat français a refusé une offre de rachat de Photonis, spécialisée dans la photodétection – notamment la technologie de la vision nocturne – par le groupe américain d’ingénierie Teledyne, a annoncé vendredi le ministère des Armées.

L’État a décidé de « refuser l’investissement étranger en France proposé par Teledyne », a-t-on indiqué au cabinet du ministère des Armées. La société Photonis est basée à Mérignac près de Bordeaux (Gironde) et compte plus de 1.000 salariés. Elle travaille pour les secteurs de l’aéronautique, de la recherche ou encore de la défense.

Des élus s’étaient inquiétés des risques liés à un rachat de cette entreprise « hautement stratégique »

Le refus du ministère est motivé par deux raisons, selon le cabinet : « la nature des activités de Photonis » et le fait que « les mécanismes proposés dans le cadre du processus d’investissement en France n’étaient pas suffisants pour assurer la souveraineté et la protection des actifs stratégiques sur la durée ».

Fin octobre, des élus s’étaient inquiétés des risques liés à un rachat de l’entreprise « hautement stratégique » dont le propriétaire, le fonds Ardian, souhaite se défaire. Un rachat par Teledyne « fait peser le risque d’une aspiration du savoir-faire technologique de Photonis, de surcroît sans garanties d’un maintien de l’emploi local », avaient dénoncé dans un courrier adressé au Premier ministre le député LR Julien Aubert ainsi que sept parlementaires et anciens parlementaires.

Une « solution alternative française » est à l’étude, selon le cabinet du ministère.

Un dossier surveillé de près

L’État a « considéré que pour protéger un actif stratégique il était préférable de renoncer à un investissement étranger, c’est bien un investissement étranger et non l’entreprise Teledyne » qui est visé, a précisé le cabinet rappelant que Teledyne « est un fournisseur du ministère de la Défense et emploie environ 850 salariés en France ».

« Les conditions de reprise de l’entreprise Photonis ne répondaient pas » aux impératifs de protection de la souveraineté économique et industrielle française de défense, a justifié le ministère des armées dans un communiqué. Il travaille désormais à « une solution alternative de rachat avec des acteurs industriels et financiers français actifs dans le secteur de l’optronique », a-t-il indiqué. Celle-ci pourrait être dévoilée au cours du premier trimestre 2021.

Teledyne avait fait une première offre avant de la retirer fin septembre et d’en proposer une nouvelle en octobre. Le gouvernement français surveille de près ce dossier via le dispositif de contrôle des investissements étrangers en France, grâce auquel il peut empêcher le rachat d’une entreprise française par un acteur étranger si elle revêt un intérêt stratégique pour le pays.

Au printemps, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire avait fait état de son opposition à ce rachat par le groupe américain, souhaitant que Photonis reste entre des mains françaises. Photonis produit notamment des éléments d’intensification de lumière utilisés dans les jumelles de vision nocturne et des instruments utilisés par le laser mégajoule, sur un site du commissariat à l’énergie atomique destiné à tester par simulation des explosions nucléaires.

Sise à Mérignac, près de Bordeaux, la société compte plus de 1 000 salariés. Elle travaille pour l’aéronautique, la recherche et la défense. Si son rachat a créé tant de remous, c’est qu’au-delà de sa spécialité dans la vision nocturne, elle fournit aussi de la technologie de pointe dans le domaine du nucléaire.

Quoi qu’il en soit, la France n’est pas la seule à vouloir préserver ses fleurons technologiques des appétits étrangers. L’Allemagne également, alors que, traditionnellement, l’État fédéral se garde d’intervenir dans les affaires des entreprises. Selon Reuters, le gouvernement allemand a en effet décidé l’acquisition d’une participation de 25,1% au capital de l’électronicien de défense Hensoldt, qui avait été cédé par Airbus au fonds KKR en 2017 et introduite en Bourse en septembre dernier. Objectif? Protéger le groupe des visées chinoises. Au début du mois, et nom de la sécurité nationale, Berlin avait également mis son veto au rachat d’IMST oar Addsino, une filiale du groupe de défense public China Aerospace Science and Industry Corporation.

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